2.) Faire des choix
Les règles d’or afin de découvrir le pays au maximum : ne JAMAIS regarder la télé, ne JAMAIS faire de shopping (magasins identiques chez nous, vêtements, sacs à mains…), ne JAMAIS rester la tête dans son guide (on vous avait dit de le laisser à la bibliothèque celui-là…)
Il y a des visites ou des activités qu’il faut faire, et d’autres qu’il faut éviter à tous prix. Et malheureusement les choses qu’on aimerait faire sont parfois dans la deuxième catégorie…
L’un des principaux thèmes qui fait débattre les professionnels actuellement est de savoir s’il faut absolument voir les sites dits « incontournables » (le Taj-Mahal, le Macchu Picchu, Ayers Rock…).
Comment un site devient-il connu ? Et surtout, comment devient-il plus connu que ses voisins ?…Le plus souvent il s’agit de sites au caractère tout à fait unique au monde, supérieur à ceux qui les entourent. Certains sites ont aussi été mieux mis en valeur à une époque et ont gardé une notoriété pas toujours justifiée, ou encore leur découverte s’est faite plus tôt que celle des autres sites alentours.
Or comme nous l’avons vu, plus un site est visité, plus il est en danger. Cela vaut bien sûr pour les sites naturels mais aussi pour tous les monuments du monde. Il ne faut surtout pas croire qu’il s’agit d’un danger relatif, qui pourra s’arranger par quelques subventions ; certains sites sont amener à disparaître dans les prochaines années s’ils ne sont pas entièrement fermés au public.
De plus, pour les sites qui sont reconnus dans le monde entier, les tarifs sont tellement élevés que souvent, la population locale ne peut pas se permettre de les visiter.
Pourtant, comment aller au Pérou et ne pas voir le Macchu Picchu, c’est un peu ridicule non ?? Et bien pas forcément… Le Macchu Picchu est l’un des meilleurs exemples : non seulement le site lui-même est en danger, mais également le sentier qui y mène, qui est non seulement jonché de détritus et de papier toilette… mais en plus le gouvernement a sauté sur l’occasion afin de le « protéger ». Vous êtes aujourd’hui obligé de passer par l’une des agences référencées, qui pratiquent des tarifs qui sont une sélection financière inacceptable, surtout pour les locaux ! De plus le sentier n’est bien sûr pas protégé par cette « solution »…
Il ne tient qu’à nous de changer nos habitudes, et d’adopter ce nouvel « éco-choix ». Cela prendra des années pour faire évoluer les mentalités sur le sujet, car même si nous ne voyageons pas tous juste « pour dire », les clichés ont la vie dure. De plus les gens sont toujours surpris quand on revient d’un pays sans en avoir vu les choses qu’eux-mêmes connaissent. Mon mari a par exemple du mal à expliquer pourquoi il a passé deux ans au Canada et qu’il n’a jamais vu les chutes du Niagara, mais moi j’aurais préféré ne pas les voir, elles étaient plus belles dans ma tête…
Des visites qui respectent les populations locales : il n’est pas toujours évident de savoir si on aide au développement d’une communauté locale ou bien si notre simple présence lui fait perdre son authenticité… Méfiez-vous si on vous propose de visiter un village, une tribu, une communauté, peu importe le nom qu’on lui donne. A titre d’exemple, en Afrique, certaines tribus ont abandonné l’élevage afin de faire des démonstrations de danses traditionnelles, et elles se retrouvent sans nourriture, obligées d’acheter tout ce dont elles ont besoin. En assistant à ce genre de rencontre, vous participez entièrement à leur perte d’identité. Il ne sert à rien d’essayer de se déculpabiliser en avançant l’argument de l’argent que les touristes apportent : l’argent est la pire des choses que nous pouvions leur offrir.
Ainsi, pendant des années, on voulait voir les gens « voyager autrement », plus proche du pays visité, ce qui a donné lieu à de nombreuses « rencontres » avec des villages isolés, qui ont aujourd’hui perdu leur authenticité, donc leur intérêt et finalement qui ont tout perdu…
Vous pouvez être accueilli par un village où une communauté en respectant les critères suivants :
- pour créer des liens, il faut minimum 3 jours
- l’accueil doit être organisé et planifié par les villageois, même si une aide extérieur est souvent nécessaire au début du projet (ben oui, c’est un métier !:))
- il faut un hébergement sur place qui ne soit pas lourd à supporter et des temps d’échanges, pas seulement d’observation. Ces temps d’échanges doivent avoir lieu en dehors des « horaires de travail » des villageois, pour les laisser à leur vie quotidienne normale
- le village ne doit pas accueillir plus de 5 groupes par an
- 100% des bénéfices doivent revenir au village
- le projet de développement en cours doit être clairement identifié (forage d’un puits, nouvelle salle de classe,…)
- le tourisme doit être seulement un plus pour la communauté, sans avoir diminué aucun aspect de sa vie quotidienne
Les sports dits de « nature » : bien sûr il est hors de question de pratiquer un engin à moteur, que ce soit sur terre, sur l’eau, sur la neige ou dans les airs. Non seulement ils polluent mais en plus ils dérangent les animaux, ils sont un coût énorme pour les Pays En Développement qui doivent les importer et un jour ou l’autre, leur carcasse viendra donner du relief au paysage…
La destruction liée aux multiples passages mettra des dizaines d’années à se résorber. De plus la faune est forcément dérangée, obligée de migrer.
Seule la marche est autorisée, dans le cas d’une découverte écologique accompagnée d’un guide où si vous demeurez sur les sentiers prévus à cet effet (communément appelés sentiers battus…).
Entre tous les sports de nature, vous bannirez particulièrement le golf dans les régions sèches.
Le cas particuliers des treks : il s’agit en même temps d’une manière douce de découvrir un pays et d’un mode de transport qu’on peut penser non polluant. Hors les treks sont parfois très lourds à supporter pour la nature, particulièrement les déserts qui ne sont pas capables d’intégrer une activité humaine qui rejette autant de déchets. Avant de partir, renseignez vous absolument sur la façon dont ceux-ci seront traités, la seule solution étant de ramener tout ce qui ne peut pas être brûlé. Il est également important de souligner que le fait d’avoir recours à des porteurs est un comportement tout à fait colonialiste, d’autant plus que leurs salaires sont souvent misérables. Enfin comme nous l’avons vu, les lieux de départ des treks les plus connus servent régulièrement d’exemples quand on parle d’occidentalisation liée au tourisme.
Le Népal est touché par les 3 problèmes liés aux treks : les porteurs y sont moins bien traités que n’importe où ailleurs, les bases de départ sont des déchetteries envahies de bars musicaux, et enfin on estime que chaque marcheur consomme en moyenne 6 kg de bois, dans un pays ou celui-ci manque cruellement à la population qui en a besoin pour se chauffer et pour manger.
Les évènements locaux un peu spéciaux : je veux parler ici des événements locaux qui prennent l’excuse de la tradition pour pratiquer des activités souvent barbares telles que les concours ou des animaux s’entretuent… Bienheureusement, nous n’avons pas gardé toutes nos traditions, et vous n’êtes pas obligés de cautionner celles-là.
Planifier ses repas : dans un voyage, il n’y a pas que les visites à planifier, il y a aussi les repas ! Encore ici vous devrez vous adapter aux habitudes du pays, afin de manger aux mêmes heures que les locaux, ou à peine décalés pour leur laissé la place vu qu’ils sont peut être plus pressés que vous. Si vous arrivez pour manger à 14h alors que tout est fermé, il faudra non seulement rallumer toutes sortes de machines qui consomment de l’énergie et vous obligerez un employé à faire des heures supplémentaires qui ne sont certainement pas payées.
Conclusion : arrêtons de vouloir voir ce que tout le monde voit et arrêtons de vouloir en voir plus que tout le monde…voyageons pour nous, au plus proche du quotidien des gens !
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